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François Bourgognon

Billet du moment – Septembre 2021

De la poésie…

(Extrait du livre : « La méditation en 10 questions »)

« L’air est plein du frisson des choses qui s’enfuient » (Charles Baudelaire)

Lors des séances de méditation que nous menons à l’hôpital, nous prenons souvent le temps de lire un poème. En outre, il n’est rare que des participants nous rapportent qu’à leur grand étonnement, ils se sont remis à lire de la poésie depuis qu’ils méditent. La poésie nous incite à ressentir et observer, elle nous ouvre à l’évidence des choses et nous aide à vivre des expériences méditatives. Fabrice Midal explique parfaitement ceci dans son livre « 52 poèmes d’Occident pour apprendre à s’émerveiller ». Et comme le disait si bien Goethe : « Le véritable poète a pour vocation d’accueillir en lui la splendeur du monde. ». Prenez par exemple ce vers incroyable de Charles Baudelaire dans son poème « Le crépuscule du matin » :

« L’air est plein du frisson des choses qui s’enfuient »

Que ressentez-vous en le lisant ? Ne percevez-vous pas comme un souffle léger qui traduit la disparition de la nuit ? Et peut-être, dès lors, serez-vous plus prompt à cueillir ce frisson la prochaine fois qu’il se présentera. 

Un auteur que j’affectionne particulièrement est le japonais Akira Yoshimura, décédé à l’âge de 79 ans en 2006. Son style d’écriture, froid, épuré et souvent assez sombre, est d’une remarquable précision, presque chirurgicale. Sa veuve, Setsuko Tsumura, elle-même écrivain de renom, rapporte qu’il avait un tel souci de véracité dans ses romans qu’il voyageait beaucoup. Il partait seul, dans les contrées les plus reculées, pour vérifier des points de détail. Il avait besoin de voir lui-même la couleur de la terre pour décrire la poussière que les chevaux soulèvent en galopant. Dans son roman « Le convoi de l’eau », par exemple, la pluie, la brume et l’humidité permanente sont si bien décrites que l’eau semble sourdre des pages. Ce texte, d’une poésie inoubliable, contient de nombreux passages dans lesquels l’action s’efface au profit de la contemplation et de la méditation, à l’image de celui que nous retranscrivons ci-dessous :

« J’étais chargé du feu, et je ne quittais pas des yeux les gamelles posées sur les flammes. Dans la vallée, les dernières lueurs du crépuscule avaient disparu, je ne m’étais pas aperçu que des nappes de brume tombaient lentement comme des coulées de neige sur la pente nue de la montagne tout autour. Et ces nappes de brume se rassemblant progressivement au-dessus du hameau, une couche épaisse vint recouvrir le sommet de la vallée.
Soudain la nuit tomba, et nous avons diné le visage rougi par les flammes.
Des lambeaux de brume s’écoulèrent eux aussi dans la couleur des flammes, qui, teintées de rose, dessinaient sans fin des motifs inquiétants. »

Difficile, après une telle lecture, de ne pas regarder les nappes de brume avec plus de présence et d’intensité…

Slide Co-écrit avec Claude Penet, préface de Fabrice Midal
« Embrasser l'inconfort d'exister, et servir ce qui compte réellement pour soi. » g
Slide Préface de Fabrice Midal
« Un livre particulièrement précieux pour notre monde. » g
Slide « Méditer, c'est s'arrêter, ressentir, observer et laisser les choses êtres telles qu'elles sont. » g
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